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Grands reportages : le vivre-ensemble à la mode suisse

 
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MessagePosté le: Sam 20 Nov - 11:24 (2010)    Sujet du message: Grands reportages : le vivre-ensemble à la mode suisse Répondre en citant

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20 novembre 2010 08h14 | Par Odile Faure

Grands reportages : le vivre-ensemble à la mode suisse Tandis qu'en France les coopératives d'habitants sont encore à l'état de projet, la seule ville de Zurich en compte 120. La dernière-née, Kraftwerk 1, a placé la mixité sociale au cœur de ses fondements




Kraftwerk 1 est dotée de grands appartements collectifs. photo Michele Limina/art4press

( MICHELE LIMINA MICHELE LIMINA)






A l'ouest de Zurich, le quartier industriel s'étend sur plusieurs hectares. Dans cette zone accessible en tramway et bordée par la rivière Limmat, les sociétés de service ont installé leurs bureaux, des jardins publics sont sortis de terre, et les vieux logements, autrefois considérés comme des cités-dortoirs, cohabitent avec des résidences neuves. La coopérative d'habitants Kraftwerk (1) a émergé ici, sur un des terrains laissés vacants par un fabricant d'armes, vendu 10 millions de francs suisses. Cher à l'époque, mais il vaudrait aujourd'hui le double.

Érigée en 2001 en trois bâtiments, elle a réussi le pari d'installer, dans la durée, une mixité sociale, culturelle et d'usages.


La Maison radieuse de Rezé, un vestige vivant

Martine Vittu est arrivée à l'âge de 10 ans à la Maison radieuse de Rezé (Loire-Atlantique) avec ses parents. C'était en 1956. Dans l'après-guerre, la Maison radieuse (294 appartements) offrait une perspective de vie collective très intéressante. « Il fallait apporter 15 % de la valeur de l'appartement. Ensuite, on versait un loyer mensuel et, au bout de soixante-cinq ans, on devenait propriétaire. Dans l'esprit, les gens étaient propriétaires dès le début. Il y avait donc un grand respect des parties communes, on intervenait auprès des enfants même s'ils n'étaient pas les nôtres », explique Martine Vittu, trésorière de l'Association des habitants de la Maison radieuse et présidente de la Fédération européenne des unités d'habitation de Le Corbusier.


En 1971, le ministre de l'Équipement et du Logement, Albin Chalandon, met fin à ce dispositif social d'accession à la propriété. Les habitants de la Maison radieuse ont alors le choix : acheter leur logement ou devenir locataires d'une société HLM.

Aujourd'hui, 45 % des habitants sont propriétaires ; 55 % locataires. « Pour nous, la coopérative, c'est du passé. Mais l'esprit est resté : il y a beaucoup d'entraide et de solidarité entre les générations », conclut Martine Vittu.

La Maison radieuse se visite. Rens. : www.maisonradieuse.org

Fonctionnel et simple


L'un des cofondateurs, Andreas Hofer, nous attend à la brasserie Bernoulli, au pied du premier bâtiment de Kraftwerk 1. C'est là qu'il a l'habitude de répondre aux questions des journalistes, des architectes et des élus. Dernièrement, il a reçu un ministre allemand et un autre autrichien.
Architecte originaire de Lucerne, militant du bien commun, Andreas Hofer est à l'origine, en 1993, avec un artiste et un écrivain, de Kraftwerk 1, qui abrite 100 appartements. Lui-même y a installé son bureau et vit dans un logement collectif. Rien d'exceptionnel : « La colocation est un phénomène très répandu en Suisse, et notamment dans les grandes villes », explique-t-il.

Pour Kraftwerk 1, les fondateurs ont réuni une centaine de coopérateurs dans leur projet. Ensemble, ils ont tout décidé : la taille des logements, la fonction des pièces communes, la gestion et les quotas d'appartements réservés aux fondations. Trois sont présentes à Kraftwerk et participent financièrement à la coopérative : une fondation spécialisée dans l'accueil et le travail des handicapés, une autre tournée vers les migrants et la dernière chargée de louer des appartements moins chers.

La présence de ces trois partenaires, qui gèrent quelque 30 logements, garantit la mixité et la trésorerie. D'autre part, les coopérateurs ont décidé d'aider directement les personnes aux revenus modestes. Ils cotisent mensuellement à un fonds de solidarité, de façon à faire baisser les loyers des nouveaux entrants.

70 enfants

250 personnes de 0 à 50 ans, dont 70 enfants, vivent à Kraftwerk 1 dans des logements qui varient entre 60 et 350 mètres carrés. Dès le premier jour, le coopérateur est propriétaire du bien collectif. S'il décide de partir, il récupère sa mise mais ne peut spéculer et vendre lui-même son bien. Il faut compter 1 000 euros de loyer mensuel pour un F4 de 100 mètres carrés à Kraftwerk 1.

Les bâtiments revêtent une forme extrêmement simple. Un rez-de-chaussée est desservi par deux entrées, disposées l'une à l'est, l'autre à l'ouest. Trois pièces entières sont réservées aux poussettes.
Dans le hall, le logo Minergie (2) indique une consommation d'énergie proche de zéro grâce aux panneaux solaires et aux récupérateurs de chaleur.

Dans la buanderie commune, plusieurs machines à laver et des sèche-linge « écolos » tournent en permanence, des vêtements patientent pour être étendus. À côté, dans le vaste couloir, les paysans sous contrat ont déposé les paniers de légumes devant l'épicerie bio gérée par les habitants, tandis qu'une porte s'ouvre sur un bar lui aussi autogéré.

Un escalier monte dans les étages et permet d'accéder aux appartements. Il dessert un nouveau couloir jusqu'à une terrasse qui domine la Limmat, au loin.

L'appartement d'Andreas, doté de 11 chambres, est immense, clair et fonctionnel. Tout y est réglé comme une montre suisse : les courses de base sont commandées par Internet puis livrées, le ménage est assuré par une personne extérieure. Une salle de bains pour trois personnes, une cuisine en commun, une table de salle à manger prévue pour 11 convives. Aucune obligation de prendre les repas en commun. « Nous avons tous la volonté de vivre ensemble sans être les uns sur les autres. Si tu veux être seul, tu peux, mais, si tu ne veux pas, tu peux aussi », explique l'architecte.

Son voisin, Andreas Kappi, vit la même expérience depuis dix ans. Lui travaille à Bâle chez Alstom, qu'il rejoint chaque jour en train. Il ne changerait de logement pour rien au monde. « Les loyers sont bas, l'esprit est différent des autres coopératives. On a vraiment la volonté de vivre ensemble, de faire des projets. On brasse beaucoup d'idées. »

Chaque activité est gérée par une commission : le groupe toit, le groupe bar, les groupes épicerie, yoga, cuisine…

Knut Wegmüller fait partie du groupe cuisine. Il est locataire de la fondation des handicapés et profite du bon esprit de Kraftwerk.

« On a l'impression d'être dans une communauté, même si on peut quand même être seul. Nous avons été très bien intégrés, ici, et pris en compte, même au niveau de l'architecture. Nous sommes beaucoup moins anonymes ici qu'ailleurs. Si on est en vacances ou malade, les gens se soucient de nous. Le contrôle social fonctionne. »

Ici, à Kraftwerk 1, la force de l'initiative individuelle fait naître la solidarité. Une qualité sans doute naturelle chez l'homme, qu'il faut savoir aller chercher. « Kraftwerk part d'un besoin, mais l'initiative a dépassé les besoins », conclut Andreas Hofer.

(1) « Kraft » pour « force » et « Werk » pour « ouvrage », « travail » ou « centrale électrique ». (2) Le label Minergie est décerné par une association suisse et est présent partout en Europe. 12 600 bâtiments sont déjà labellisés.

« Il faut compter 1 000 € de loyer mensuel pour un F4 de 100 m² »

En France, beaucoup de projets mais peu de concret sur le terrain

En France, c'est sans doute la région Rhône-Alpes qui est la plus avancée en matière d'habitat coopératif. C'est là que la première coopérative de France du XXIe siècle devrait voir le jour, à Villeurbanne, d'ici à 2011. Imaginé en 2005, le Village vertical, dont le permis de construire a été déposé en juillet 2010, comprendra 15 logements, dont 4 réservés à des jeunes issus d'un foyer-logement. Il sera construit dans une zone d'aménagement concerté.


À Dieulefit, dans la Drôme, les terrains sont réservés sur le plan local d'urbanisme, tandis qu'en Isère, où un écoquartier a vu le jour à Grenoble, d'autres projets sont en cours. Ailleurs, à Besançon ou à Toulouse, fleurissent les dossiers.

L'association Habicoop, financée par le Grand Lyon, la Région Rhône-Alpes, la Fondation de France, la Fondation Abbé-Pierre et d'autres organismes, a été créée pour accompagner les porteurs de projet et leur donner les outils juridiques. Elle mène également une action de lobbying auprès des parlementaires. Le 18 mai 2010, la première réunion du groupe de travail interministériel a eu lieu à Paris sous l'égide du ministère du Logement. Une grande victoire pour Sarah Trudelle, l'une des trois salariés d'Habicoop, qui regrette la lenteur de la mise en place des projets. « Ce sont des projets d'initiative citoyenne, donc le facteur humain joue beaucoup. Le choix du statut juridique n'est pas évident, puisqu'il n'existe pas. D'autre part, tout le monde attend beaucoup du premier projet qui se concrétisera. » L'État, notamment, qui ne semble pas pressé de voir naître la première coopérative d'habitants française. Sollicité sur ce dossier, le secrétaire d'État au Logement, Benoist Apparu, n'a pas répondu à nos nombreuses demandes. Pendant ce temps, la Suisse, la Suède et le Québec, où le système est très développé, continuent à avancer.

Habicoop, quant à elle, milite sur la question de la mixité sociale afin que « les coopératives ne soient pas des communautés de bobos, mais qu'elles répondent à un réel besoin de logement ».

O. F.
www.habicoop.fr








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MessagePosté le: Aujourd’hui à 22:38 (2017)    Sujet du message: Grands reportages : le vivre-ensemble à la mode suisse

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